Le travertin est l'une des rares matières à avoir traversé quatre millénaires sans jamais se démoder. Des thermes de Caracalla aux villas de César — construits en travertin romain, le célèbre Lapis Tiburtinus — jusqu'aux façades du MoMA à New York, cette pierre sédimentaire a traversé les époques, les styles, les cultures. Pas parce qu'on l'a remise à la mode régulièrement. Parce qu'elle possède quelque chose que les tendances ne peuvent pas fabriquer.

Ce quelque chose, c'est sa porosité. Ses alvéoles naturelles — ces petites cavités que certains fabricants industriels cherchent à combler, à tort — donnent à la matière une texture qui capte la lumière autrement qu'un marbre poli. À 7h du matin, le travertin est gris. À midi, il est blanc crème. Au soir, les alvéoles créent de minuscules ombres qui l'approfondissent. Cette qualité vivante est irremplaçable. On peut l'imiter en faïence. On ne peut pas la reproduire.

Dans nos projets d'hôtellerie boutique et de résidence de prestige, nous l'utilisons principalement en revêtement mural et en plan de travail — jamais en sol haut de passage, où l'entretien deviendrait une contrainte qui trahit la promesse. La règle que nous suivons est simple : utiliser le travertin là où on le voit, où on le touche, où on prend le temps de le regarder. Dans un hall d'hôtel, derrière un bar, dans une salle de bain de suite. Là où sa présence crée quelque chose — pas pour remplir une surface.